Les techniques qu’offre l’informatique, notamment celles que nous présentons dans ce rapport avec XML et le Web, laissent penser que tout se fait automatiquement et qu’à force d’utilisation, le système de gestion de contenu va connaître l’utilisateur à tel point qu’il pourrait devancer ses attentes. Beaucoup de choses sont possibles afin d’adapter le contenu et la mise en forme à l’utilisateur, encore faut-il que cette adaptation soit spécifiée. Les méta données du groupe de Dublin Core définissent les éléments « public », « médiateur » et « niveau académique » (cf. tableau 5 : « méta données de l’initiative de Dublin Core » page 109) afin de placer des informations de personnalisation à propos des documents. Cependant les règles de personnalisation dans un système de gestion de contenu peuvent être beaucoup plus complexes et lourdes à gérer. De plus, la personnalisation peut aussi être envisagée dans les systèmes de collecte : c’est une fonction générique. Cependant, elle est actuellement plus traitée au niveau de la publication, car peu mise en oeuvre, que de la collecte où lorsque cela est nécessaire le besoin est traité.
De manière générale, il faut donc d’un côté définir des profils d’utilisateurs, définir les adaptations qui leurs sont utiles et de l’autre classer les utilisateurs dans ces profils.
Une première forme de personnalisation, cependant conçue pour des motifs de sécurité avant tout, est opérée avec la gestion des droits d’accès. En effet, les utilisateurs n’ayant pas de droits de lecture sur des documents ne voient pas ces documents. Même lors d’une recherche, un logiciel de CMS ne doit pas fournir les références des documents pour lesquels l’utilisateur n’a pas les droits de lecture.
Il s’agit donc là d’un moyen pour adapter le contenu à l’utilisateur. Cependant, il est conçu à la base pour protéger le contenu de sa découverte par des personnes non autorisées alors que la personnalisation est une technique qui vise à rendre la communication du contenu la plus effective possible.
S’agissant de la mise en forme, on peut laisser l’utilisateur définir ses préférences (couleurs, polices de caractères, fond de page). De la même manière, l’utilisateur définit ses rubriques préférées (c’est à dire celles qui l’intéressent le plus) et donne des informations qui permettent de filtrer les documents mis à jour qui l’intéressent (l’exemple le plus typique est le choix des rubriques de nouvelles qui l’intéressent). C’est aussi l’objet des abonnements qui permet à l’utilisateur de recevoir des alertes (en cas de nouveautés ou mises à jour) sur des documents ou des sujets 59 qui l’intéressent.
Dans d’autres cas, on tente de définir le profil de l’utilisateur, notamment en observant son cheminement dans le système de gestion de contenu et le contenu de ses requêtes de recherche de documents. On peut aussi tenir compte du contexte de l’utilisateur. Les règles peuvent parfois se déduire du comportement des utilisateurs qui ont effectué un parcours similaire auparavant. Certains parlent de filtrage collaboratif. Cela s’avère aussi compliqué car il faut définir là encore des règles, bien que, dans ce cas, l’utilisation des probabilités soit utilisée et détermine la partie personnalisée de l’application [64].
Attention cependant, un utilisateur évolue ainsi que ses attentes. S’il se comporte généralement de la même manière, à certains moment il est amené à faire d’autres choses que ce qu’il a l’habitude de faire. Il faut qu’à ce moment là, il puisse accéder à une information qui ne présuppose pas de ce qu’il est ou de ce qu’il veut faire, afin de lui permettre de trouver ce qu’il cherche car sinon, il ne trouvera pas : ce qui est le contraire de ce qui est recherché avec les techniques de personnalisation. La meilleure personnalisation est sans doute celle qui laisse à l’utilisateur la liberté de fixer ses propres règles de personnalisation en prenant en compte ses préférences.
59 Le sujet est une méta donnée des documents. Les abonnements aux alertes ne peuvent se faire que sur la base du choix
d’une ou plusieurs valeurs de méta données.


