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Guy Vigneault

1.4. Gestion de site web

Par Guy Vigneault | 1:45 PM EDT, jeu août 27, 2026

Cette partie sur la gestion de site web va illustrer les fonctionnalités vues auparavant sous un autre angle pour finir en mettant l’accent sur les aspects de publications.

Le « Web » est un réseau informatique très populaire et aujourd’hui le plus grand du monde. Il permet théoriquement à toute personne ou organisation désireuse de le faire, de mettre à disposition du plus grand nombre une ressource informatique et de les interconnecter. Le plus souvent, cette ressource est une page web de type html (Hyper Text Markup Language) visible à partir d’un navigateur Internet (browser). Avec ce qui a été dit précédemment, chacun s’aperçoit qu’énormément d’informations de tout type peuvent être mises à disposition du public et que la communication s’enrichit.

Or certaines organisations ont un volume d’information très important à mettre à disposition de leurs différents publics avec une fréquence de mise à jour dans certains cas très forte, une contrainte souvent élevée de validité de l’information nécessitant un contrôle adapté et parfois une ergonomie, incluant le graphisme, sophistiquée. De même, ces organisations ont vu le nombre de leur site web atteindre des chiffres importants (plusieurs centaines dans les cas extrêmes), notamment pour les entreprises transnationales devant gérer des sites dans plusieurs langues différentes. Ces sites web ont vocation dans certains cas d’intranet, c’est à dire qu’ils ne s’adressent qu’à un public appartenant à l’organisation éditrice.


L’organisation, pour faire face à ces trois contraintes (mises à jour fréquente, contrôle éditorial et haute qualité de la présentation), a nécessité la mise au point de systèmes de gestion de site web. Ces systèmes reposent sur le principe de la séparation du contenu et de la présentation (la mise en forme). A cette fin, le W3C (World Wide Web Consortium) a promu le langage XML5 (Extended Markup Language) qui impose la séparation du contenu et de la mise en forme.

La mise à jour du contenu n’affecte pas la mise en forme et inversement le changement de charte graphique se fait indépendamment du contenu. Le responsable éditorial n’est plus dépendant des équipes informatiques (webmaster entre autres) et inversement le changement de graphisme n’affecte pas le contenu. Les acteurs de la gestion de site web sont donc d’un côté les responsables éditoriaux, au profil fonctionnel et de l’autre les graphistes qui créent et maintiennent le code informatique de mise en forme des « pages web ». Ce code appelé parfois code de transformation s’illustre avec le langage XSL (Extensible StyleSheet Language) qui comprend la sélection du contenu, les données de mise en forme, ajoute éventuellement de l’interactivité aux documents et fabrique le fichier nécessaire à la diffusion sur le terminal désiré. Les graphistes dans ce contexte doivent donc ajouter des compétences de développeur à leurs compétences initiales, à moins d’envisager une séparation des tâches. Ils interviennent plutôt à la création et lors de la maintenance évolutive du site web. Ce code informatique est un autre type de contenu, et qui comme tel, peut être géré comme un document (archivage, versioning, description) et éventuellement réutilisé.

Concrètement, l’édition du contenu nécessite de structurer le document, de la même manière que les documents composites. C’est à dire, que le document est alors édité selon un modèle invariable défini préalablement lors du développement du site. Le modèle peut bien sûr évoluer mais nécessite un nouveau développement, ou bien encore un nouveau paramétrage de l’application de gestion de contenu. Sur la base de ce modèle, un formulaire, éventuellement interactif, permet de saisir un nouveau document ou bien de mettre à jour un document existant. Par exemple, l’article (de magazine) est un formulaire constitué des champs suivants : titre, sous-titre, introduction, chapeaux et paragraphes. Ensuite, la mise en forme est appliquée automatiquement lors de la publication en fin de processus d’édition lors de la validation. La mise en forme s’applique de manière particulière à chaque élément de l’article. Le titre est par exemple mis en majuscules et en gras, les chapeaux en italique et en couleur bleue… Ainsi tous les articles d’une même rubrique auront tous la même mise en forme et seront présentés de manière homogène conformément à la charte graphique élaborée par l’organisation. De plus, une page spécifique pourra permettre de dresser une liste de tous les articles reprenant uniquement les titres par exemple et l’introduction rapide. Si un article est supprimé ou modifié, la liste est mise à jour automatiquement.

La séparation du contenu et de la présentation est d’autant plus importante qu’elle permet in fine la distribution et la mise à jour de l’information via de multiples canaux de diffusions de manière « immédiate ». La diffusion multi-canal est une fonctionnalité spécifique qui s’est développée avec les systèmes de gestion de site web. Ainsi un même contenu est distribué de manière dynamique sur plusieurs support de distribution ou terminaux : télévision interactive, PDA – Portable Digital Assistant, Terminal WAP, Minitel, Site web, CD-ROM.

 Le staging est une fonctionnalité souvent indispensable dès que le site web est mis à jour avec du contenu provenant d’une tierce partie (le catalogue d’un fournisseur sur un site de commerce électronique par exemple) et que l’on veut voir le rendu final tel que l’utilisateur final le verra. Si l’on sépare la mise en forme du contenu, on ne pourra effectivement voir le résultat final que lors de la distribution de l’information. Or la mise en forme bien évidemment joue sur le rendu. Le staging est donc utile lorsque l’on veut vérifier le contenu final avant la publication sur le site de « production ». Le staging rend les mêmes services qu’une plate-forme d’intégration dans des projets logiciels classiques.

Certains voudraient voir les systèmes de gestion de site web régler la problématique des sites web multilingues où le contenu serait indépendant de la langue. C’est possible jusqu’à un certain point, notamment si dans les processus de mise à jour de la publication, la traduction automatique du contenu est incluse dans le flux de travail et que tout de suite après dans le processus intervient un validateur humain pour la traduction.

On s’aperçoit dans ce cas que l’édition du contenu d’un site web fait appel à de multiples intervenants et que de ce point de vue, elle nécessite les mêmes outils que pour la GED : workflows, édition distribuée, gestion des droits. Une application de gestion de site web digne de ce nom doit pouvoir proposer cette dernière fonctionnalité aussi sur le site de publication finale en fonction des utilisateurs. De plus, on l’a vu précédemment, une page web (html) peut être assimilée à un document composite. A ce titre, la gestion de site web reprend de nombreuses fonctionnalités des systèmes de gestion électronique de documents. Mais dans la problématique de la gestion de site web la publication (la diffusion) prend une part plus importante que dans la gestion électronique de documents où classiquement la mise en forme et le contenu sont mêlés dans le document et où finalement on se contente de restituer le document initial sans traitement intermédiaire.

 

5 http://www.w3.org/XML/

 

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